L’essentiel
- Le PPPT est obligatoire pour les immeubles d’habitation dont la réception date de plus de 15 ans, quelle que soit la taille, depuis le 1er janvier 2025.
- Seuls son élaboration et sa présentation en assemblée sont obligatoires ; les copropriétaires peuvent l’adopter en tout ou partie, ou le refuser.
- Son adoption se vote à la majorité de tous les copropriétaires, dite majorité absolue.
- Avec un plan adopté, la cotisation annuelle au fonds de travaux ne peut pas être inférieure à 2,5 % du montant des travaux prévus, ni à 5 % du budget.
- Il s’appuie sur le DPE collectif de l’immeuble et, s’il existe, sur le diagnostic technique global.
Cette page vous concerne si vous êtes
- Copropriétaire qui voit le PPPT à l’ordre du jour
- Membre d’un conseil syndical qui choisit le prestataire
- Syndic bénévole d’une petite copropriété
- Acheteur d’un appartement qui reçoit le plan chez le notaire
- Copropriétaire qui veut faire avancer l’isolation de l’immeuble
Le calendrier de l’obligation
L’obligation vient de l’article 171 de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, qui a modifié la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété. Elle s’est appliquée par étapes, selon le nombre de lots :
| Copropriété | Obligatoire depuis |
|---|---|
| Plus de 200 lots | 1er janvier 2023 |
| De 51 à 200 lots | 1er janvier 2024 |
| 50 lots au plus | 1er janvier 2025 |
| Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte | 1er janvier 2028, selon l’ANIL |
Ce que contient le projet de plan
Selon Service-public, le projet est établi à partir d’une analyse du bâti et des équipements, du DPE et, éventuellement, du diagnostic technique global. Il comprend :
- La liste des travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, à la santé et la sécurité des occupants, aux économies d’énergie et à la baisse des émissions de gaz à effet de serre.
- Le niveau de performance énergétique que ces travaux permettraient d’atteindre.
- Une estimation sommaire du coût et une hiérarchie des travaux.
- Un échéancier pour ceux qui paraissent nécessaires dans les dix ans.
Qui l’établit
Le projet est confié à un professionnel qui justifie de ses compétences, comme un bureau d’études, un architecte ou un thermicien. Le décret n° 2022-663 du 25 avril 2022 exige des compétences en modes constructifs, pathologies du bâtiment, thermique et sécurité, et un diplôme ou un titre dans le bâtiment. Le professionnel atteste sur l’honneur de son impartialité et de son indépendance envers le syndic, les fournisseurs d’énergie et les entreprises qui interviennent sur l’immeuble. Selon Service-public, il justifie aussi d’une assurance de responsabilité civile professionnelle.
Demandez cette attestation et l’assurance avant le vote. Un plan rédigé par une entreprise qui espère réaliser les travaux n’offre pas la même neutralité.
Le vote, en trois temps
Service-public décrit trois votes successifs. Si le plan n’est pas adopté, ou si son calendrier paraît incertain, le syndic doit reposer la question à chaque assemblée qui approuve les comptes. Le plan est actualisé tous les dix ans. Une copropriété peut être dispensée si un diagnostic technique global ne fait apparaître aucun besoin de travaux dans les dix ans.
- Lancer l’étude : le syndic inscrit à l’ordre du jour les modalités d’élaboration du projet et le choix du prestataire. Ce vote se fait à la majorité simple.
- Adopter ou non le plan : le projet est présenté à la première assemblée annuelle qui suit son élaboration. Son adoption, totale ou partielle, se vote à la majorité de tous les copropriétaires. Le projet peut être discuté et ajusté.
- Voter chaque chantier : les travaux prévus sont ensuite votés au fil du calendrier, avec leur financement.
Le lien avec le fonds de travaux et les aides
Le fonds de travaux est une réserve alimentée par une cotisation annuelle obligatoire de chaque copropriétaire. Il finance notamment l’élaboration du projet de plan, puis les travaux du plan adopté. Selon Service-public, sans plan adopté, la cotisation minimale est de 5 % du budget prévisionnel. Avec un plan adopté, elle ne peut être inférieure ni à 2,5 % du montant des travaux prévus, ni à 5 % du budget.
Le plan prépare aussi les demandes d’aides. MaPrimeRénov’ Copropriété exige un audit ou un diagnostic technique global et un gain énergétique d’au moins 35 % : un plan qui regroupe isolation et chauffage aide à atteindre ce seuil. Le maire, le préfet ou le président de l’intercommunalité peut demander le plan adopté ; s’il n’est pas transmis sous un mois, il peut le faire établir aux frais du syndicat.
Une question sur votre projet ?
Vous préparez l’assemblée qui votera le plan, ou vous voulez savoir quels travaux d’énergie y inscrire ? Posez votre question via le formulaire de demande d’information. Vos coordonnées ne sont transmises à aucun professionnel sans votre accord.
À préparer pour votre conseiller
Ces documents servent pour un rendez-vous avec un conseiller France Rénov’. Ne les envoyez jamais à un démarcheur, ni à nous.
- Le nombre de lots et l’année de réception de l’immeuble
- Le DPE collectif et, s’il existe, le diagnostic technique global
- Le carnet d’entretien et les derniers procès-verbaux d’assemblée
- Le montant actuel du fonds de travaux et du budget prévisionnel
- Les devis ou projets de travaux déjà évoqués
Questions fréquentes
Le plan pluriannuel de travaux est-il obligatoire ?
Le projet, oui, depuis le 1er janvier 2025 pour toutes les copropriétés d’habitation de plus de 15 ans. Son adoption, elle, reste au choix de l’assemblée générale.
Quelle majorité pour adopter le plan pluriannuel de travaux ?
La majorité des voix de tous les copropriétaires, dite majorité absolue. Le choix du prestataire qui l’établit se vote à la majorité simple.
Qui peut réaliser le PPPT ?
Un professionnel compétent et assuré, comme un bureau d’études, un architecte ou un thermicien, qui atteste de son indépendance envers le syndic et les entreprises.
Quelle différence entre PPPT et PPT ?
Le PPPT est le projet proposé. Une fois voté en tout ou partie par l’assemblée générale, il devient le PPT, le plan définitif.
Le plan doit-il être remis à l’acheteur ?
Oui. En cas de vente d’un lot, le plan adopté ou, à défaut, le projet fait partie des documents remis à l’acquéreur chez le notaire.
À lire aussi
Sources
- Service-public.gouv.fr : plan pluriannuel de travaux en copropriété (vérifié le 8 juin 2026)
- Service-public.gouv.fr : fonds de travaux en copropriété (vérifié le 9 juin 2026)
- Légifrance : loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 dite Climat et Résilience, article 171
- Légifrance : décret n° 2022-663 du 25 avril 2022 sur les compétences et garanties exigées pour établir le projet de plan pluriannuel de travaux
- ANIL : obligations de diagnostic de l’immeuble, DPE collectif, DTG, PPPT (à jour au 4 novembre 2025)
- France Rénov’ : MaPrimeRénov’ Copropriété
